Une version clé pour l’avenir du CMS
Le 9 avril 2026, WordPress 7.0 sera officiellement lancé. Cette version marque un tournant stratégique pour le CMS le plus utilisé au monde. Après une année 2025 perturbée par des tensions internes dans l’écosystème WordPress, cette nouvelle release représente un retour à la stabilité… mais surtout le véritable démarrage de la Phase 3 du projet Gutenberg.
L’objectif n’est plus seulement d’améliorer l’éditeur. WordPress évolue désormais vers une plateforme collaborative complète, pensée pour les équipes, les agences et les environnements professionnels.

Pourquoi WordPress 7.0 arrive avec du retard ?
Le planning initial prévoyait plusieurs versions majeures en 2025. Finalement, le rythme a été ralenti suite aux tensions juridiques ayant impacté l’écosystème WordPress, notamment autour des contributions au core.
Cette période a cependant permis une maturation technique importante. Au lieu d’une version précipitée, WordPress 7.0 arrive avec des fondations plus solides, une vision plus claire et une roadmap recentrée sur l’essentiel : performance, collaboration et modernisation.
De Gutenberg à la collaboration
Depuis plusieurs années, WordPress évolue par grandes étapes structurées autour du projet Gutenberg.
Phase 1 : l’arrivée de l’éditeur de blocs
La première grande évolution du projet Gutenberg a été l’introduction de l’éditeur de blocs avec WordPress 5.0. Cette transformation a profondément modifié la manière de créer du contenu dans le CMS.
Au lieu d’un éditeur classique basé sur un simple champ de texte, WordPress est devenu modulaire. Chaque élément, texte, image, bouton, colonne ou galerie, est désormais un bloc indépendant.
Phase 2 : le Full Site Editing et la maîtrise complète du design
La Phase 2 a élargi cette logique au-delà des articles et des pages. Avec le Full Site Editing, WordPress a permis de modifier l’ensemble de la structure d’un site via des blocs.
Headers, footers, templates, archives et mises en page globales peuvent désormais être personnalisés directement depuis l’interface d’administration. Le design et la structure ne sont plus réservés uniquement aux développeurs : ils deviennent accessibles, modulables et cohérents avec l’éditeur.
Phase 3 : WordPress entre dans l’ère collaborative
Avec WordPress 7.0, la troisième phase du projet Gutenberg débute réellement. Après avoir modernisé l’édition puis le design global, l’objectif évolue : permettre une collaboration native entre utilisateurs.
WordPress ne se limite plus à la création individuelle de contenu. Il devient un environnement pensé pour le travail d’équipe, avec des outils intégrés facilitant la coordination, la validation et la gestion collaborative des projets.
L’édition en temps réel : une avancée majeure
WordPress 7.0 introduit les premières briques d’édition collaborative en temps réel. Plusieurs utilisateurs pourront intervenir sur un même contenu, visualiser les modifications en direct et limiter les conflits de version.
Techniquement, cette évolution repose sur des mécanismes complexes de synchronisation serveur. Tous les hébergements ne seront pas immédiatement optimisés pour cette fonctionnalité, mais la base est désormais intégrée au cœur du CMS. C’est une évolution structurante pour les agences et les équipes marketing.
Les Notes intégrées : un nouveau standard pour la validation de contenu
Parmi les premières fonctionnalités concrètes issues de cette logique collaborative, le système de Notes s’impose comme une avancée immédiatement exploitable. Il permet d’ajouter des commentaires directement dans l’éditeur, sur des blocs ou même sur des passages spécifiques d’un texte.
Les équipes peuvent ainsi annoter, suggérer des modifications, mentionner un collaborateur avec un “@”, suivre les retours et structurer les validations sans quitter WordPress. Chaque échange reste attaché au contenu concerné, ce qui évite les confusions et les allers-retours dispersés.
Une administration modernisée
L’interface d’administration WordPress n’avait pas connu de transformation majeure depuis plusieurs années.
WordPress 7.0 apporte une modernisation progressive :
- Typographie améliorée.
- Meilleure cohérence visuelle.
- Filtrage dynamique plus fluide.
- Harmonisation avec l’éditeur de blocs.
DataViews : une nouvelle génération d’interfaces d’administration
Avec WordPress 7.0, l’administration continue sa modernisation grâce à l’évolution progressive vers le système DataViews. Jusqu’à présent, les listes d’articles, de pages, de médias ou de contenus personnalisés reposaient sur des tables classiques, relativement rigides dans leur structure et leur affichage.
DataViews introduit une approche plus flexible et dynamique. Les listes deviennent modulaires, avec des options d’affichage plus avancées, des filtres intégrés plus fluides et une navigation sans rechargement systématique de page. L’objectif est de rendre l’interface plus réactive, plus cohérente avec l’éditeur de blocs et plus adaptée aux usages modernes.
Performance et traitement média côté navigateur
WordPress 7.0 adopte une approche plus moderne dans la gestion des médias. Une partie du traitement des images, comme la compression ou le redimensionnement, peut désormais être effectuée directement par le navigateur avant même l’envoi vers le serveur.
Cette évolution permet de réduire la charge côté hébergement, ce qui améliore la stabilité globale, notamment sur des environnements mutualisés. Le workflow média devient également plus fluide pour les équipes qui publient régulièrement du contenu.
L’éditeur passe définitivement en iframe
Avec WordPress 7.0, l’éditeur d’articles fonctionne désormais en permanence dans un environnement isolé appelé iframe. Concrètement, cela signifie que l’interface d’édition est séparée du reste de l’administration, avec son propre contexte de styles et de scripts.
Cette isolation renforce la stabilité visuelle et technique. Les styles du thème ou certains scripts personnalisés ne viennent plus perturber l’interface d’édition. Le rendu est donc plus cohérent, plus prévisible et plus proche du résultat final affiché côté front-end.
PHP 7.4 minimum : un cap technique assumé
Avec WordPress 7.0, le projet fixe officiellement PHP 7.4 comme version minimale requise. Les sites encore hébergés sous PHP 7.2 ou 7.3 ne pourront plus installer ni mettre à jour vers cette nouvelle version du CMS. Cette décision peut sembler stricte, mais elle était attendue depuis plusieurs années.
En relevant le minimum technique, WordPress peut désormais s’appuyer sur un code plus moderne, mieux optimisé et plus sécurisé. Les performances globales s’en trouvent améliorées, notamment en termes de gestion mémoire et d’exécution des scripts.
Une base technique pensée pour l’intégration de l’IA
WordPress 7.0 ne se contente pas d’améliorer l’existant. Il prépare également le terrain pour une intégration plus poussée de l’intelligence artificielle dans les prochaines versions. L’architecture du CMS évolue pour faciliter la connexion à des services externes via API et pour structurer les données de manière plus exploitable par des outils automatisés.
Même si l’utilisateur final ne voit pas immédiatement une fonctionnalité “IA native”, le socle technique devient plus compatible avec des assistants intelligents, des systèmes d’automatisation ou des outils d’analyse avancés.
Calendrier 2026 : un retour à un rythme structuré
Après une année 2025 marquée par un ralentissement du cycle des releases, WordPress retrouve en 2026 un calendrier plus stable. Trois versions majeures sont prévues au cours de l’année : WordPress 7.0 au printemps, suivi de WordPress 7.1 en été, puis WordPress 7.2 en fin d’année.
Ce retour à un rythme régulier est un signal rassurant pour l’écosystème. Il montre que le projet retrouve une cadence cohérente, propice à l’innovation progressive et à la stabilité technique.



